par Phil Stewart et Humeyra Pamuk
Des représentants de l'administration du président américain Donald Trump ont admis dimanche lors de compte-rendus à huis clos auprès de membres du Congrès qu'aucun renseignement ne suggérait que l'Iran prévoyait de lancer en premier une attaque contre les troupes américaines, ont déclaré à Reuters deux personnes au fait de la question.
Ces remarques semblent saper l'un des arguments avancés la veille par de hauts représentants américains pour justifier l'offensive lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran - la plus importante opération militaire menée depuis des décennies contre Téhéran, avec plus d'un millier de frappes au cours du week-end, selon des représentants, et plusieurs responsables iraniens tués, dont le guide suprême Ali Khamenei.
Un porte-parole de la Maison blanche a fait savoir plus tôt dimanche que des représentants du Pentagone avaient effectué pendant plus d'une heure et demie des compte-rendus auprès d'élus démocrates et républicains de plusieurs commissions du Sénat et de la Chambre des représentants à propos de l'attaque américaine en cours en Iran.
Selon les sources, les représentants de l'administration Trump ont souligné que les missiles balistiques de l'Iran et ses milices régionales alliées représentaient une menace immédiate pour les intérêts des Etats-Unis, mais qu'il n'y avait aucun renseignement indiquant que Téhéran attaquerait en premier les troupes américaines.
Des représentants américains avaient déclaré samedi aux journalistes que Donald Trump avait décidé d'intervenir en Iran en partie à cause d'indications selon lesquelles l'Iran pourrait cibler les troupes américaines au Proche-Orient, "peut-être de manière préventive". Le chef de la Maison blanche n'allait "pas rester les bras croisés", avait dit l'un des représentants.
Donald Trump a déclaré au cours du week-end vouloir s'assurer que Téhéran ne puisse jamais se doter de l'arme nucléaire et contenir le programme balistique iranien, afin d'éliminer toute menace contre les Etats-Unis et leurs alliés.
Il a prévenu, sans étayer ses dires par des preuves, que l'Iran était proche de disposer des capacités pour frapper le territoire américain avec un missile balistique.
Cela n'a pas été confirmé par des rapports des services américains du renseignement et semble exagéré, ont déclaré à Reuters des sources informées de la teneur des rapports.
(Humeyra Pamuk et Phil Stewart; version française Jean Terzian)

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